La Maison éclusière : entre nature, culture et patrimoine

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Maison éclusière

Chemin de halage, 80510 LONG

 

Découvrez les expositions, les ateliers et visites proposées par Amanda et Jérémie, profitez des attraits de la Vallée de Somme et de la Véloroute, informez vous sur les sites touristiques...

 

 
  

En Aout :

 

- Mardi 1er : 14h30-15h30 A la rencontre de la fée électricité (2euros/personne)

- Mercredi 2 : 14h30-16h30 Atelier Nature Art, venez dessiner avec la nature

- Jeudi 3 : 21h-23h Sortie Papillons de nuit

- Vendredi 4 : 10h-12h La richesse vivante des touribières

- Samedi 5 : 15h Visite de l’Église Saint-Jean-Baptiste

- Dimanche 6 : 10h30- 12h De long en large, visite découverte du village 



 

 

Horaires d’ouverture

Saison Haute
01 mai – 25 septembre

 

Lundi 10h30|12h30  – 13h30|18h00
Mardi 9h30|12h30 – 13h30|18h00

Mercredi 9h30|12h30 – 13h30|18h00
Jeudi 9h30|12h30 – 13h30|18h00
Vendredi 9h30|12h30 – 13h30|18h00
Samedi 9h30|12h30 – 13h30|18h00
Dimanche 9h30|12h30 – 13h30|18h00

  

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Plongeons dans le passé ...

Ci-dessous un extrait de Watersteps through France de Bill et Laurel Cooper (1993), traduit par une habitante de Long.

 

Plaisanciers de passage à l'écluse de Long du temps où Marcel et Madeleine les derniers éclusiers de Long travaillaient et habitaient encore à la maison éclusière.

 

Témoignage d'une époque révolue. Bonne lecture !

 

Bill Cooper marin marchand et mathématicien, et Madame Laurel professeur d’Arts (vitraux, mosaïques et émaux cloisonnés), magistrate et pendant plusieurs années directrice d’une cellule de samaritains, ont abandonné des carrières très prometteuses pour voyager en douceur, surtout sur l’eau. Ils ont navigué ensemble depuis l’âge de seize ans ils ont un fils et une fille.


Ils ont vécu dix ans sur le yacht Fare Well , construit par leurs soins et ont écrit un livre qui explique comment s’y prendre pour bien bâtir un yacht. Plus tard, ils ont acheté Hosanna, une péniche hollandaise qu’ils adaptent pour y habiter au cours de leur voyage en mer d’East Anglia (Grande Bretagne) à Saint Valéry et par les canaux et fleuves jusqu’à Aigues-Mortes en Camargue. Ils partent de Saint Valéry en août et arrivent en Camargue juste à temps pour les fêtes de Noël. Ils décrivent leurs péripéties et le dur travail (surtout pour Laurel qui a une seule bonne jambe à cause d’un déhanchement de naissance) nécessaire pour naviguer sur les canaux (Somme, Marne, Saône) et particulièrement sur le Rhône, où ils ont dû se battre avec le mistral.


Ils sont ravis de rencontrer les français, d’observer leurs coutumes, leur folklore et leur cuisine. Leurs impressions, appréciations et problèmes sont illustrés de façon vivante avec beaucoup d’humour. Par exemple un beau jour à cause d’une fenêtre ouverte pendant le mauvais temps, le guide du canal a subi une douche et Laurel a dû repasser 289 pages pour les sécher… Ils ont dû faire le deuil de leur chat Twosie décédé à Amiens sur le quai à cause d’un accident de rue. A Ham ils ont adopté un chaton qui malheureusement tomba dans l’eau tout près d’une écluse. Un arrêt de navigation pour travaux a posé plusieurs problèmes. Par hasard ils se sont trouvés dans un café bar, où étaient organisés des combats de coqs dont il était interdit de parler. Ils ont beaucoup apprécié les plats typiques des différentes régions dont Laurel donne les recettes à la fin de cet ouvrage.


Les introductions de chaque chapitre sont des strophes d’un poème en provençal « Lou Poèmo dou Rose » de Frédéric Mistral, avec traduction en anglais.


Pages 24, 26, 27 ,28


..."En fin d’après midi nous avons trouvé un agréable quai verdoyant, juste un peu plus loin de l’écluse d’un village appelé Long. C’était trop ensablé pour nous permettre d’approcher facilement et nous avons dû marcher sur une longue planche pas trop stable pour gagner la berge, mais le coin était si beau qu’il était essentiel de s’arrêter. Plus tard, au cours de notre voyage nous avons appris à apprécier des lieux d’amarrage beaucoup plus difficiles et moins accueillants. Après une très longue évaluation, Twosie le chat, marcha doucement, doucement, le long de la planche, rejoignit la berge et vite rentra chassé par le chat tigré de l’éclusier.


Le soir, nous nous sommes promenés dans le village – très joli, dominé par un château du XVIIIe siècle, maintenant l’habitation de campagne d’un fabriquant de peinture de Lille. Du point de vue architectural, l’Hôtel de ville (d’époque de la reine Victoria) est presque autant intéressant, avec son clocher posé sur une joyeuse tour à la toiture très penchée et sa pelouse verdoyante qui descend à pic dans l’eau. Une étonnante Mairie pour un si petit village.


Il y avait des petits commerces, un cinéma itinérant et dans un coin de la place une petite stèle à la mémoire de :


A. F. Hayward

Du Royal Scots Greys

Tombé ici le 1.9.44 pour la libération de Long


Nous sommes entrés dans le café-bar boire un coup puisque le village n’avait pas de restaurant. Beaucoup de monde était là. A l’arrière autour de la table de billard une petite foule suivait le jeu. Nous avons réfléchi avant de rejoindre les spectateurs car la dernière fois que cela nous était arrivé dans un pub de Yarmouth, une boule poussée par un « Glaswegian » (écossais de Glasgow), avec plus de rage que de dextérité, plongea dans la chope de Bill, avec de tristes résultats pour le verre qui vola en éclats. Le « Glaswegian » nous fit de charmantes et incompréhensibles excuses. Le jeu, ici, nous semblait de toute autre nature et nous prîmes le risque. Si des excuses étaient à nous faire nous aurions mieux compris le français que le « Glaswegian » (patois de Glasgow).


Deux hommes jouaient : l'un d’eux très soigné, élégant, avec une belle manucure, chemise rose et pantalon de velours bordeaux, probablement une personnalité des médias en week-end. L’autre, bien portant et à l’allure de quelqu’un qui vit au plein air, était probablement un habitant du village. Les deux jouaient avec beaucoup d’habilité, le jeu de billard français (est à considérer comme une blague d’écolier !) est différent du jeu anglais car il est joué sur une table sans poches, le but étant, ce que nous appelons «cannons », que la boule poussée doive frapper successivement les deux autres boules.


Au billard Bill se croit fin joueur mais il avoue ne pas pouvoir égaler le contrôle exquis et le haut niveau de jeu rencontré au village de Long. Pas de danger ici de voir une boule chuter dans notre verre de vin.


Nous avons demandé au patron du café de nous renseigner sur la stèle qui se trouve sur la place. Un peu sèchement il a répondu qu’il ne savait pas ; il n’était pas d’ici. Une petite discussion suivit entre ceux qui l’étaient. Les vieux avaient oublié ; les jeunes ne savaient pas. La plupart des clients étaient des jeunes. Le courage de Monsieur Hayward est commémoré sur pierre, mais sa mémoire n’a pas été transmise à la génération d’aujourd’hui. Il en est peut- être de même partout : la deuxième Guerre mondiale est devenue quelque chose que l’on voit au cinéma ou dans les BD et non quelque chose qui est arrivé aux vrais gens du village.


Le matin suivant Bill prit la décision de faire une corvée bateau, donc Laurel put s’occuper de ses dessins et, comme un de ses coins préférés était tout près de la maison de l’éclusier, elle sympathisa avec la famille, car les gens sont toujours curieux quand quelqu’un dessine leur chez eux. Ils étaient intéressés par la péniche et cet après-midi là nous étions assis autour de la table de la cuisine, les coudes sur la toile cirée, et nous faisions la connaissance de Marcel et Madeleine et de la grand-mère O’Lamp (ceci est ce que nous entendions ; il nous a fallu du temps pour nous rendre compte que le nom était Olympe), pendant que le chat tigré faisait beaucoup d’effort pour regagner la chaise où Laurel était assise. Le père de Marcel avait été éclusier avant lui. Maintenant c’était Madeleine qui était éclusière et Marcel supervisait la section Abbeville-Amiens.


Leur cottage était dans un joli coin, avec le potager et les poules d’un côté de l’écluse, et un jardin de fleurs de l’autre – un petit paradis qui passera difficilement à leurs enfants, si les canaux secondaires continuent de se détériorer à la même allure. Nous avons achetés six œufs, juste pondus par leurs poules blanches. « Quelle race ? » demande Laurel « Sous Sexe » lui répondent-ils, ce qu’elle interprète comme « Light Sussex » (nom de la race de poulet). Nous avons essayé d’acheter un chou, mais ils nous expliquent que les choux ne sont pas terribles ; la saison avait été mauvaise et ils ont refusé de nous le faire payer. Madeleine détache les feuilles extérieures qu’elle donne aux poules, ce qui laisse un cœur vert et compact : il n’est peut être pas terrible, mais il nous donna un bon repas du soir avec du steak.


Le jour suivant, au petit déjeuner, nous nous sommes régalés avec les œufs frais, un délice que nous avions presque oublié.


Nous avions trouvé que c’était très difficile de s’arrêter déjeuner quelque part ; mêmes si les saules et les aulnes nous invitaient, et les berges verdoyantes nous attiraient, l’eau manquait tellement de profondeur que l’on ne pouvait pas s’approcher. Donc le repas du midi était plutôt quelque chose à consommer facilement en route, avec du pain frais acheté avant de partir si nous avions la chance, pendant que le petit déjeuner devenait de moins en moins « continental » parce que l’on ne savait jamais ce qui arriverait à midi. Ou bien, on savait : si Laurel descendait en bas pour mettre en route quelque chose de sérieux pour midi, c’était sûr et certain qu’elle serait appelée en haut pour aider à une écluse, et voilà une bonne demi-heure de perdue.


Nous cherchâmes Twosie, qui était dans le potager caché sous un gros chou rouge tout mouillé de rosée ; après un au-revoir à Madeleine, Olympe et le chat tigré ( Marcel était partit dans son petit fourgon orange pour inspecter sa section) nous partîmes.


Un coup d’œil derrière nous et au château de Long en haut du talus, sa pierre crème et ses briques roses au milieu de la verdure, léger comme une fleur de pommier au-dessus de la berge. Le fleuve coulait assez vite, à peu près un ou deux kilomètres heure, mais la navigation n’était pas difficile. Une fois nous touchâmes le fond, mais dans un canal cela peut arriver.


A Picquigny…"

Traduction par Gabriella Mannucci